Chocolats et Confiserie
Le chocolat, c'est un peu notre signature. Depuis 1951, au 58 rue Tiquetonne dans le 2e arrondissement de Paris, on aligne sur nos étagères les grands noms du chocolat de couverture et de la confiserie professionnelle : Valrhona, Barry, Weiss, Callebaut, et quelques pépites de chocolatiers indépendants que les pâtissiers du quartier viennent chercher en sac de 5 kg comme en tablette de 200 g. 🍫
Cette catégorie, c'est celle qui fait venir les chefs étoilés, les apprentis CAP pâtissier, les pâtissiers du dimanche et les gourmands qui veulent enfin comprendre la différence entre un chocolat de couverture à 70 % et la tablette du supermarché. Tout est là, en vrac, en sac pro ou en format domestique, avec un conseil derrière le comptoir quand on passe vous voir.
Bien choisir son chocolat de couverture
Avant toute chose, posons un mot sur le chocolat de couverture. Ce qui le distingue d'un chocolat de dégustation, c'est sa teneur en beurre de cacao, généralement supérieure à 31 %. Cette richesse en matière grasse lui donne sa fluidité une fois fondu — exactement ce dont on a besoin pour mouler des bonbons, enrober une ganache ou réaliser un glaçage miroir net.
Plusieurs critères entrent en jeu au moment de choisir :
- Le pourcentage de cacao : 55-60 % pour un chocolat noir équilibré, 64-70 % pour les ganaches puissantes, 80 %+ pour les amateurs de notes torréfiées intenses
- L'origine : un Madagascar n'aura pas les mêmes notes acidulées qu'un Équateur ou qu'un assemblage type "Caraïbe" de Valrhona
- La fluidité : exprimée en "gouttes" chez Callebaut, elle indique si le chocolat est fait pour enrober (3-4 gouttes) ou mouler (2 gouttes)
- Le format : pistoles ou fèves pour fondre rapidement, blocs de 3 ou 5 kg pour les laboratoires
Côté marques, on travaille les références Valrhona (Guanaja, Caraïbe, Manjari, Jivara, Dulcey blond), la gamme Barry (Force Noire, Excellence), les chocolats Weiss historiquement français, et Callebaut pour les pâtissiers qui veulent un rapport qualité-prix imbattable sur les gros volumes. Pour les pralinés et la confiserie, on complète avec quelques maisons familiales sélectionnées au fil des années.
Notre sélection chez G. Detou
La rayon chocolat occupe une bonne partie de la boutique. On y trouve plusieurs grandes familles.
Chocolats noirs de couverture : du 55 % accessible jusqu'au 85 % le plus intense, avec une majorité de références entre 64 % et 72 % qui couvrent l'essentiel des besoins en pâtisserie. Valrhona Guanaja 70 %, Caraïbe 66 %, Manjari 64 % font partie des best-sellers historiques de la maison.
Chocolats au lait : Jivara 40 %, Tanariva 33 %, et plusieurs références Callebaut équilibrées. Idéaux pour les ganaches montées, les mousses légères et les enrobages d'enfance.
Chocolats blancs et blonds : Ivoire de Valrhona, Dulcey (le fameux blond caramélisé), et quelques alternatives. Le Dulcey reste un des produits qu'on a le plus de plaisir à faire goûter aux clients qui ne le connaissent pas encore.
Pralinés, pâtes de fruits secs et pâtes à tartiner pro : praliné amandes-noisettes 50 %, praliné noisettes du Piémont, pâte de pistache pure, gianduja. Si vous cherchez à comprendre les nuances, on vous renvoie vers notre guide du praliné maison qui détaille les ratios sucre/fruit sec.
Confiserie et bonbons : caramels mous, calissons, nougats artisanaux, marrons glacés en saison, pâtes de fruits.
Utilisations et accords en pâtisserie
Chaque chocolat a son terrain de jeu. Pour une ganache montée, on privilégie un chocolat avec un pourcentage modéré (60-66 %) pour garder de la souplesse. Pour un glaçage miroir, c'est la fluidité qui prime : 3-4 gouttes de fluidité, brillance assurée. Pour les moulages de Pâques, on choisit un chocolat tempéré correctement (courbe de tempérage indiquée sur chaque emballage).
Côté accords, le chocolat noir 70 % type Guanaja se marie superbement avec la vanille Bourbon de Madagascar, le café arabica, le praliné noisette et la fleur de sel. Le chocolat au lait Jivara 40 % adore le caramel et les fruits secs torréfiés. Le Dulcey blond fait merveille avec les fruits jaunes (abricot, mirabelle, pêche).
Pour la dégustation pure, on conseille de laisser fondre lentement sur la langue un carré de 2 g, sans mâcher, pour percevoir l'évolution aromatique : attaque, milieu de bouche, longueur. C'est exactement ce qu'on fait quand on goûte un nouveau lot avant de le mettre en rayon.
Conserver et bien utiliser le chocolat
Le chocolat est un produit vivant. Mal stocké, il blanchit (bloom gras ou bloom sucre) et perd en arômes. Les règles à retenir :
- Température : entre 16 et 18 °C, idéalement constante
- Hygrométrie : inférieure à 60 %
- Pas de frigo : le froid + l'humidité du frigo provoquent un voile blanc en quelques jours
- Emballage hermétique : le chocolat capte les odeurs comme une éponge, on évite de le ranger à côté d'un fromage ou d'un fruit mûr
- Durée : 12 à 18 mois pour un chocolat noir, 9 à 12 mois pour un lait ou un blanc
Côté usage, pensez à tempérer votre chocolat avant tout enrobage ou moulage : la courbe varie selon le type (noir : 50-55 °C / 28-29 °C / 31-32 °C ; lait : 45 °C / 27 °C / 29-30 °C ; blanc : 40 °C / 26 °C / 28-29 °C). Sans tempérage, vous obtiendrez un chocolat terne qui ne se démoule pas et qui blanchit en 48 h.
Histoire et savoir-faire G. Detou
La maison G. Detou existe depuis 1951. Plus de 70 ans que la boutique du 58 rue Tiquetonne fournit en chocolat, fruits confits, fruits secs et ingrédients de pâtisserie les pâtissiers parisiens, les chefs des grandes maisons, les artisans du quartier et les passionnés de bonne cuisine. À l'époque, le quartier des Halles était le cœur battant de l'approvisionnement alimentaire de Paris ; aujourd'hui, le marché a déménagé à Rungis, mais G. Detou est resté, dernier témoin gourmand de cette tradition.
Notre rapport au chocolat est ancré dans cette mémoire. On a vu passer plusieurs générations de chefs, l'arrivée du Grand Cru chez Valrhona, l'explosion du bean-to-bar, la mode des chocolats d'origine, le retour du praliné maison. On tâche de garder une sélection à la fois fidèle aux grands classiques et ouverte sur les nouveautés intéressantes.
Si vous passez en boutique, on a souvent un morceau à faire goûter 😉. C'est la meilleure manière de comprendre pourquoi un Guanaja n'est pas un Caraïbe, et pourquoi le Dulcey a changé la pâtisserie française.
FAQ — Chocolat et confiserie
Quelle est la différence entre chocolat de couverture et chocolat de dégustation ?
Le chocolat de couverture contient au minimum 31 % de beurre de cacao, ce qui le rend fluide une fois fondu. Il est conçu pour enrober, mouler, mixer dans des recettes. Le chocolat de dégustation, c'est tout ce qu'on mange tel quel en tablette.
Quel chocolat choisir pour une ganache de bûche de Noël ?
Un noir 64-66 % type Caraïbe (Valrhona) ou Force Noire (Barry) donne un excellent équilibre puissance/onctuosité. Pour une ganache montée plus légère, partez sur un lait Jivara 40 % ou un Dulcey blond.
Comment tempérer son chocolat sans thermomètre ?
C'est risqué. On recommande vivement l'usage d'un thermomètre sonde précis (autour de 15 €). Sans ça, vous pouvez tenter le tempérage par ensemencement : faire fondre 2/3 du chocolat à 50 °C, incorporer le tiers restant haché finement et remuer jusqu'à 31-32 °C pour le noir.
Faites-vous des prix professionnels pour les pâtissiers et restaurants ?
Oui. Les artisans, restaurants, hôtels et écoles de cuisine peuvent ouvrir un compte pro avec une tarification spécifique sur les formats 3 kg, 5 kg et plus. Inscrivez-vous sur notre page Accès pro pour en bénéficier.
Quelle est la durée de conservation du chocolat de couverture ?
12 à 18 mois pour un noir, 9 à 12 mois pour un lait ou un blanc, à condition de respecter les conditions de stockage (16-18 °C, hygrométrie basse, emballage fermé).
Peut-on remplacer le chocolat de couverture par un chocolat de supermarché ?
Pour grignoter, oui. Pour une recette technique (ganache, moulage, enrobage), non : le taux de beurre de cacao insuffisant rend le résultat décevant. La différence saute aux yeux dès qu'on compare deux ganaches côte à côte.
Quels chocolats pour la galette des rois ?
Pour une galette frangipane-chocolat, on aime le Guanaja 70 % en pépites grossières ou le Caraïbe 66 % concassé. Le contraste avec la crème d'amande est superbe. Voir aussi notre article sur la galette des rois maison.
Quel est votre best-seller en chocolat ?
Le Valrhona Guanaja 70 % reste le grand classique, suivi de près par le Dulcey blond. Côté Barry, la Force Noire 50 % a ses fidèles depuis des années.
Petit lexique du chocolat et de la confiserie
Quelques mots qui reviennent souvent au comptoir et qu'il vaut mieux connaître pour acheter le bon produit :
- Couverture : chocolat à forte teneur en beurre de cacao (au moins 31 %), pensé pour le tempérage, l'enrobage et le moulage. C'est celui des pâtissiers, pas le chocolat de dégustation en tablette.
- Pourcentage de cacao : part de pâte et de beurre de cacao dans le produit. Un 70 % n'est pas forcément « meilleur » qu'un 60 % — il est juste plus intense et moins sucré.
- Pistoles (ou fèves, pastilles) : chocolat en petits palets prêts à fondre. Plus pratique à doser et à tempérer que le bloc à casser.
- Pâte de cacao : cacao pur sous forme pâteuse, sans sucre. Sert à corser une recette ou à fabriquer son propre chocolat.
- Beurre de cacao : la matière grasse de la fève. C'est lui qui donne la fluidité, la brillance et le « snap » (le cassant net).
- Grué (ou nibs) : éclats de fèves torréfiées et concassées. Croquant et amer, pour le décor ou la texture.
- Tempérage : la courbe de température qui fait cristalliser le beurre de cacao au bon endroit. Sans elle, le chocolat blanchit et ne casse pas net.
- Ganache : émulsion de chocolat et de crème (parfois de beurre). La base des truffes, des tartes et des intérieurs de bonbon.
- Praliné : pâte de fruits secs caramélisés puis broyés (souvent 50 % de fruits secs).
- Gianduja : mélange de pâte de noisette, de chocolat et de sucre, spécialité piémontaise — la texture fondante des pâtes à tartiner haut de gamme.
- Chocolat blond (type Dulcey) : chocolat blanc poussé jusqu'à la caramélisation, goût de lait cuit et de biscuit.
- Bean-to-bar : fabrication intégrale, de la fève à la tablette, par une même maison. Gage de traçabilité et de travail sur l'origine.
Ce vocabulaire n'est pas du jargon gratuit : un chef qui demande « une couverture à 64 % en pistoles » attend un produit précis. C'est pour ça qu'on garde chaque référence en rayon plutôt que de tout ranger sous l'étiquette « chocolat noir ».
Pour aller plus loin
Le chocolat est un univers infini. Pour creuser, on vous renvoie vers notre article sur le praliné maison, et notre catégorie Ingrédients de pâtisserie où vous trouverez tout ce qu'il faut pour accompagner vos préparations chocolatées : pâte à glacer, beurre de cacao, cacao en poudre Van Houten, fèves de cacao brutes. Et le plus simple reste encore de passer nous voir en boutique, à Paris ou à Lyon, pour parler chocolat de vive voix.